Rapport d’activité 2010

Révolution silencieuse. Dans la demi-douzaine de dates qui ponctuent la longue histoire des Journaux officiels depuis 1631, sans doute faudra-t-il retenir l’année 2010. Non pas à cause de la fusion de la direction des Journaux officiels avec la Documentation française, même si ce fut un événement mémorable et stimulant, au moins pour ceux qui l’ont vécu de près ;


Mais à cause d’une révolution silencieuse : pour la première fois, en 2010, il y a eu en France plus de lecteurs du Journal Officiel que d’habitants : 65 millions.
65 millions d’internautes sont allés en 2010 sur le site Légifrance. Jamais le droit n’avait été à ce point diffusé. Quant à service public.fr, le site du renseignement administratif naguère géré dans le périmètre de la Documentation française et aujourd’hui dans celui de la DILA, il a été utilisé par plus de 70 millions de visiteurs, chiffre sans précédent.

Ces seuls exemples montrent à quel point notre entreprise a su tirer parti des mutations technologiques. L’essentiel de notre production est aujourd’hui réalisée sur des supports dont personne ne parlait il y a seulement vingt ans. Une bonne partie de nos métiers n’existaient pas quand ceux qui les occupent sont entrés dans la vie active ; et la plupart des autres connaissent des évolutions profondes, accompagnées par un effort d’adaptation concrétisé en 2010 par un budget formation de près d’un million d’euros et vingt mille heures de stages techniques.

Autre fait notable du millésime 2010 : le modèle économique de la toute nouvelle direction de l’information légale et administrative a montré sa pertinence. Au cours de l’exercice écoulé, un coup d’accélérateur vers la dématérialisation est allé de pair avec le développement de notre chiffre d’affaires et une réduction – la troisième en trois ans – de nos coûts d’exploitation. Ce succès n’allait pas de soi. Il est imputable à de nombreux facteurs, parmi lesquels la performance de notre activité de diffuseur d’annonces a joué une rôle important, mais aussi les efforts de toutes les équipes pour optimiser les méthodes. La DILA s’est mise en marche avec pour philosophie non pas de développer de nouveaux services pour gagner plus d’argent, mais de gagner plus d’argent pour développer de nouveaux services.

Développer des services gratuits, comme le 3939 ou les sites de renseignements administratifs ou juridiques, mais développer aussi des services marchands au bénéfice des citoyens.

L’activité éditoriale des marques La Documentation française ou Journaux officiels a connu des résultats conformes aux objectifs, dans un contexte difficile pour l’édition. La diffusion légale a réduit ses coûts et élargi son audience. L’information administrative a été modernisée. Le site « historique » d’Aubervilliers a été fermé pour être vendu. La DILA n’a pas fait le pari de la seule dématérialisation : elle a fait aussi celui de la qualité. Pour cela, elle a investi à la fois dans le numérique et dans l’imprimerie. Elle affiche un objectif simple : prouver, par son efficacité, qu’elle peut offrir à l’État l’outil idéal de ses missions de communication régalienne.

Xavier Patier
Directeur de l’information légale et administrative

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